Il n’est pas rare au cours de la saison d’observer certaines maladies sur nos végétaux causées, le plus souvent par un champignon ou un insecte.

Tous ces phénomènes ne sont pas systématiquement  irréversibles. Il est important d’établir un seuil de tolérance. En effet, 2 ou 3 feuilles noircies n’ont jamais tué un arbuste. Par contre il est indispensable de connaitre la nature de la maladie afin de la traiter efficacement.

Le but n’étant pas de dresser une liste complète des maladies existantes mais plutôt de cibler les plus courantes afin de lutter contre celles-ci, si toute fois cela s’impose.

LES INSECTES RAVAGEURS :

                                                                  

Le puceron :

Pucerons_Poirier_1pucerons

Il existe des pucerons de couleurs multiples (verts, noirs, cendrés, blancs…) et tous les végétaux sont concernés

Ex : le puceron vert du pécher, le puceron cendré du chou, puceron noir sur le cerisier, l’hibiscus, le seringat, le puceron blanc du fraisier…..

Les pucerons possèdent un appareil buccal de type piqueur. Certaines espèces sont hautement nuisibles comme le puceron de la vigne (phylloxera).

Ces insectes sont nuisibles de 2 façons : par prélèvement de sève et affaiblissement de la plante, ainsi qu’en excrétant un miellat favorisant l’apparition d’un champignon « la fumagine »de couleur noire qui freine le processus de la photosynthèse. Chez certaines plantes on observe la formation de galles qui est une réaction du végétal à l’agression.

Les pullulations de pucerons sont favorisées par les hivers doux, les étés secs et la présence de mauvaises herbes.

Méthodes de lutte : il existe des prédateurs très actifs, larves et adultes de Chrysopes, Coccinelles, Syrphes et Cécidomyies. L’élevage de ces auxiliaires est indispensable pour la culture en serre.

La gestion est plus difficile en extérieur.

Pensez à détruire les mauvaises herbes voisines afin d’éliminer toutes formes hivernantes de pucerons (larves).

Il existe un traitement naturel à base de fougère qui doit macérer ¾ jrs puis être utilisé dilué à 20%. La macération d’ail est, elle aussi efficace. Le savon noir peut être utilisé avant la prolifération.

Dans le cas de la vigne on sélectionne même des variétés plus tolérantes aux pucerons.

Plus que tout, la lutte chimique doit être raisonnée en fonction de la population présente car cet insecte a une faculté d’adaptation aux pesticides.

La cochenille :

Cochenille_floconneuse_de_la_vigneovisacs_Cochenille

cochenille_farineuse

Les cochenilles sont parmi les espèces les plus nuisibles aux cultures. Ce sont des insectes piqueurs avec un stylet très long. Elles tiennent sur les 2 faces des feuilles et sur les rameaux.

Les œufs sont pondus sous leur corps ou groupés en ‘ovisacs’.

Les dégats occasionnés sont lents mais souvent irréversibles. Chaleur et sécheresse favorisent leur prolifération.

On distingue 3 types de cochenilles : à corps mou, à carapace, à bouclier.

Méthodes de lutte : une méthode efficace consiste à éliminer (taille) et à détruire (brulage) durant l’hiver les rameaux les plus envahis.

L’introduction de coccinelles prédatrices se révèle particulièrement efficace car friandes des larves de cochenilles.

La lutte chimique est techniquement au point. Attention néanmoins à ne pas détruire les prédateurs naturels .Des traitements d’hiver se révèlent plutôt efficaces.

Les aleurodes:

aleurodes

Recouvertes d’une fine poussière blanche au niveau des ailes, les Aleurodes improprement appelées mouches blanches sont fréquentes dans les cultures en serre notamment sur les plantes ornementales. Elles affectionnent l’atmosphère chaude.

Les adultes sont peu nuisibles. Ils se tiennent sur la face inferieure des feuilles .Les femelles y pondent leurs œufs. Le développement des larves nuit aux végétaux par leurs piqures d’alimentation et l’apparition de fumagine.

Méthodes de lutte : des pièges à glu sont nécessaires pour la détection des 1ers insectes et leur destruction précoce. Plusieurs prédateurs sont utilisablesEncarsia Formosa(petite guêpe) dont la larve se développe dans celle de l’aleurode pour s’en nourrir. Peut être utilisé aussi une punaisemacrolophus caliginosuset la coccinelledelphastus

Une lutte chimique est possible et doit être menée durant tout le cycle soit 1 mois environ. Appliquez le produit sous les feuilles tôt le matin lorsque l’insecte est au repos.

Les acariens:

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Malgré leur petite taille ; - de 1mm, les acariens peuvent provoquer des dégâts graves sur les plantes, tant en plein air que sous abri.

Les symptômes sont caractéristiques : décolorations, bronzage, chute des feuilles et retard de croissance, résultats des cellules vidées par l’acarien. Sa prolifération est favorisée par une température élevée et une faible humidité.  Les larves et adultes se tiennent le plus souvent à la face inferieure des feuilles.

Méthodes de lutte : sous abris, le bassinage peut freiner les populations d’acariens. En extérieur, il existe de nombreux prédateurs ; punaises, coccinelles, syrphes, cécidomyies donc attention aux traitements chimiques inutiles afin de les préserver. L’alternance des matières actives est indispensable pour éviter toute forme de résistance.

Les coléoptères :

taupins_agriotes_hannetons

                 Taupin                                               Hanneton

scarabee

                Scarabée                                                

cetoine

                                                                                    Cétoine

charancon

                                                              Charancon

Les coléoptères se reconnaissent avec leurs 2 paires d’ailes dont les antérieures sont durcies. Leur appareil buccal est de type broyeur. On observe la destruction des feuilles par morsures. Attention tous les coléoptères ne sont pas nuisibles. Les plus dangereux sont le Hanneton, taupin, charançon, cétoine du rosier, doryphore de la pomme de terre, le scolyte de l’orme…

Méthodes de lutte :

Le travail du sol (bêchage, binage, sarclage) expose au rayonnement solaire et aux prédateurs les jeunes larves et les œufs de coléoptères sensibles aux facteurs climatiques. Taillez et brulez les rameaux sévèrement  parasités.

Des traitements insecticides sont possibles sur les adultes en utilisant des produits de contact. Quelques matières actives ; toxaphene, endosulfan, phosalone…

Les chenilles :

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Les chenilles sont des larves de lépidoptères communément appelés « papillons ».

Elles possèdent des pièces buccales broyeuses, qui expliquent les dégâts occasionnés aux plantes. Elles se nymphosent sur la plante ou au sol avec ou sans cocon.

On peut citer les plus connues comme la mineuse du pécher, pyrale du groseiller, carpocapse du pommier, la tordeuse du rosier, zeuzère, phalène du pin, la noctuelle, processionnaire du pin et du chêne, le bombyx du saule, piéride du chou et bien d’autres encore...

Les attaques se portent sur le feuillage et le collet des plantes, allant jusqu'à la défoliation.

Méthodes de lutte :

Des préparations biologiques sont disponibles et efficaces. A base de souches de bactéries spécifiques aux larves de lépidoptères (le bacillus thuringiens) actives par ingestions et inoffensives pour l’homme et les animaux ainsi préservant la faune utile, comme les abeilles. Pour être efficace, le traitement doit être répété pendant plusieurs années.

Il existe des pièges  à phéromones agissant sur la confusion sexuelle et perturbant la reproduction.

La cicadelle:

cicadelle_du_rhododendron

cicadelle_du_rhododendron2

Ce sont de petits insectes verdâtres qui bondissent dès qu'on les dérange. Les cicadelles aspirent la sève sur la face inférieure des feuilles, qui prennent un aspect roussi ou moucheté. Les adultes et les nymphes transmettent des viroses aux plantes par leurs morsures aux feuilles.

De nombreuses espèces annuelles sont attaquées, en particulier le delphinium, la rose trémière, le lupin, le tagète et le zinnia, mais aussi les arbustes comme le rhododendron et le rosier.

Si le seuil de tolérance est dépassé un traitement chimique s’impose.

   

LES MALADIES CRYPTOGAMIQUES (champignons) :

La pourriture grise :

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Due au « botrytis cinerea » ce champignon est très présent lors de la floraison en période chaude et pluvieuse et peut détruire les organes floraux. Les symptômes : boutons qui brunissent et qui se couvrent d’un duvet grisâtre.

La maladie de la toile : due aussi au « botrytis » se développe sur le terreau des semis et sur les jeunes plantules. Ceux-ci dessèchent et meurent.

On le rencontre souvent sur les rosiers, chrysanthèmes, dahlias, fraisiers…

Méthodes de lutte : Agir préventivement permet bien souvent de réduire l’importance de ce champignon. Sous serre, évitez les excès d’humidité et l’air confiné en moyennant chauffage et aération. En plein air éliminez les boutons fanés. Il est possible d’utiliser des décoctions d’ail sur « botrytis »en curatif.

La lutte chimique est envisageable en cas d’attaque trop lourde. Les matières actives sont nombreuses : prochloraze, pyrimethanil, zinebe, iprodione…

La rouille :

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Cette maladie est due à « phragmidium mucronatum » et peut occasionner de graves defoliations.

Les 1er signes de la rouille s’observe au printemps (car il commence a faire doux mais encore humide), sur la face inferieure des feuilles par mouchetures oranges.

Méthodes de lutte :

Des décoctions de prèle sont utilisables à titre préventif. L’ail, lui peut être utilisé a titre curatif.

Pensez à éliminer les feuilles touchées ou mortes et à les bruler.

La lutte chimique est possible. Il faut bien pulvériser les faces inferieures des feuilles. Quelques matières actives ; propiconazole, myclobutanil, bitertanol.

La tache noire :

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Cette maladie est due à « marssonina » et peut entrainer la défloration totale du végétal, Très courant chez le rosier. Les feuilles se couvrent de taches arrondies noirâtres. La période favorable est un temps froid et pluvieux

Méthodes de lutte : Réalisez vos arrosages avec prudence en évitant le feuillage.

Là aussi, des décoctions de prèle a titre préventif peuvent être utilisées.

Pour être efficace, la lutte chimique doit être renouvelée tout les 7 à 10 jrs. Quelques matières actives ; manébe, myclobutanil, soufre, triforine, propiconazole…

L’oïdium :

oidium

Cette maladie est due a « sphaerotheca pannosa ».Elle provoque des dégâts en serre et en extérieur. Elle prend l’apparence d’un feutrage blanc sur les feuilles, pédoncules et boutons floraux. Les parties touchées se déforment et tombent prématurément. Ce champignon hiverne sous forme de mycélium et se développe au printemps une douceur relative et une forte humidité favorise son activité.

Méthodes de lutte : Des décoctions de racines d’orties ou de l’extrait fermenté de feuilles de sureau noir peuvent être utilisées sur l’oïdium.

La lutte chimique peu enreiller la maladie. Quelques matières actives : biternanol , pubirimate, dinocap, fenarimol, pyrifenox, propiconazole…

Le phytophtora :

Phytophthora_sur_ch_ne_et_chataigner

La pourriture des racines et de la tige due à « phytophtora cinnamomi » est une maladie qui affecte certains conifères (chamaecyparis lawsoniana, thuya plicata, taxus baccata..) et quelques plantes acidophiles (rhododendron, azalea, Erica, péris…).

L’homme est le principal vecteur de cette maladie qui fait beaucoup de ravages en pépinières. L’utilisation de conteneurs en plastique noir (échauffement des substrats) et des films de paillage du sol (contamination par l’eau résiduelle) sont les principaux facteurs.

On observe une décoloration du feuillage, qui rougit, puis flétrit et tombe. (Rhododendron). Chez le conifère, les racines et le collet sont envahis de pourriture associé à des plaies chancreuses.ces 1er symptômes sont visibles en période de secheresse.les plantes peuvent dépérir rapidement.

Méthodes de lutte : Arrosage modéré, substrats ou sols drainants. Limitez les échauffements en suppriment les paillages plastiques et en utilisant des pots de teinte claire. Détruire toutes les plantes malades. Ne cultivez pas successivement au même endroit des plantes sensibles.

La désinfection du sol et du substrat à la vapeur ou au bromure de méthyle est recommandée avant plantation.

Les fongicides ( à base de phoséthyl-al, furaxyl) à titre préventif incorporés en arrosage au pied des plantes sont possibles

Le mildiou :

mildiou_tomate

Cette maladie est due à « peronospora sparsa ». On la rencontre fréquemment dans nos potagers. Nos tomates sont souvent touchées en fin de saison. Elle n’épargne pas les cultures en serre.

L’excès d’eau favorise l’apparition de ce champignon.

Reconnaissable à ses taches régulières pourpres à marron foncés sur les feuilles qui flétrissent et se nécrosent

Méthodes de lutte : Evitez l’excès d’arrosage et ne pas toucher le feuillage.

En cas de fortes attaques les traitements chimiques doivent être hebdomadaires. Quelques matieres actives ; zinebe, mancozebe, folpel, captane, métalaxil.

Le feu bactérien :

feu_bacterien

La bactérie provoque aussi des dégâts conséquents chez les plantes. Elle se trouve de forme très variées avec des dégâts caractéristiques ; galles, pourritures molles, flétrissements, tumeurs et excroissances, nécroses des parties aériennes.

Le feu bactérien des rosacées (erwinia) s’attaque aux ‘pomoïdae’ sur le pyrus, cotoneaster, pyracantha, aubépine, malus, sorbus.

Les 1er symptômes apparaissent à la floraison . On constate un desséchement des inflorescences et brunissement des feuilles.

La lutte chimique est aujourd’hui inopérante. Des dispositions réglementaires des pouvoirs publics interdisent la culture des plantes sensibles. Par ex ; l’aubépine, certain cotonéaster  ‘salicifolia’ ‘waterri’, pyracantha ‘roehm’ certain pyrus et malus.

Vous voici maintenant mieux renseigné sur les maladies et insectes que vous verrez le plus souvent dans vos jardins. Apprenez à observer vos plantes afin de mieux cerner leurs besoins .

Sachez que le traitement chimique n’est pas une obligation et doit être l’ultime recourt. Nous  appelons cela la lutte raisonnée. Toute application non adaptée peut avoir une incidence sur nos prédateurs naturels. Il existe toujours un moyen mécanique ou ‘bio’ (comme vu + haut) afin de limiter le dépérissement des arbustes.